Focus Cinéma asiatique

Cette année nous vous proposons un regard vers le cinéma asiatique avec la présence de Bastian Meiresonne, spécialiste du cinéma asiatique. Il sera à nos côtés pendant toute la durée du festival pour présenter  les films, animer les débats et nous éclairer sur ces œuvres parfois déroutantes pour le public occidental.

Nous partons tout d’abord en COREE avec :


RIGHT NOW, WRONG THEN (1 jour avec 1 jour sans) de Hong Sang-Soo (2h01) !

Interdit aux -12 ans

Par erreur, le cinéaste Ham Chun-su arrive avec un jour d’avance à Suwon et a du temps à tuer avant la projection du lendemain. S’arrêtant devant un vieux palais restauré, il fait la connaissance de Hee-Jung, une artiste peintre locale. Ils passent du temps ensemble à visiter son atelier puis autour d’un dîner de sushis arrosé de soju et finissent par se rapprocher de plus en plus. Mais quand Hee-jung demande à Chun-su s’il est marié, il ne peut qu’admettre qu’il l’est, ce qui la déçoit profondément …  Hong San-Soo , dont c’est le 17ème long métrage a donné à son film une forme aussi passionnante qu’originale : tourner 2 fois le même film et proposer les 2 versions au spectateur. Cette merveille d’intelligence et de drôlerie est portée par deux acteurs fabuleux.

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Projections les samedi 12 mars à 13h30 et lundi 14 mars à 18h15



L’ARC de Kim Ki Duk (1h30)

Un vieux pêcheur garde avec lui sur son bateau, en pleine mer, une jeune fille qu’il a recueillie et retient loin du monde pour l’épouser lorsqu’elle aura dix sept ans. Mais ses rêves de mariage tournent à l’obsession lorsque s’éveille chez sa promise un intérêt pour un jeune homme de son âge. On se trouve dans une relation ambiguë entre la jeune fille quasi muette et son Mentor : un lien qui fluctue entre syndrome de Stockholm et révolte adolescente. Kim Ki-Duk filme avec talent le trouble, la colère, la jalousie et le désir, dans un huis clos minimaliste. Le film est construit comme une fable, où l’Arc, par sa musicalité obtient le premier rôle !

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Projections les mercredi 9 mars à 16h et vendredi 11 mars à 20h30


POETRY de Lee Chang Dong (2h19)

C’est l’itinéraire bouleversant de Mija, une grand-mère enjouée, curieuse, coquette et même excentrique, qui s’occupe de soigner les personnes impotentes tout en élevant son petit fils, un ado renfrogné, égoïste et apathique, pour aider sa fille qui travaille au loin. Elle s’est inscrite par curiosité à un cours de poésie et doit pour la première fois dans sa vie écrire un poème Les paysages sereins et lumineux qui l’entourent, dans cette province sud-coréenne où elle a toujours vécu et dont elle découvre soudain la beauté et l’innocence , devraient l’inspirer. Cependant, survient un événement inattendu qui lui fait réaliser que la vie n’est pas aussi belle qu’elle le pensait…

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Projection le dimanche 13 mars à 13h30

Cap ensuite sur le JAPON avec


AN (Les délices de Tokyo) de Naomi Kawasé (1h53)

Sentaro est un homme seul qui doit gérer au mieux son échoppe, sous peine de replonger dans un passé tortueux .Il décide d’embaucher Tokue, une vieille dame de 70 ans qui, à force d’insistance de sa part, confectionnera des  « dorayakis », d’une façon talentueuse. A partir de là, sa minuscule boutique commence à prospérer, et une relation s’ébauche petit à petit entre ces 2 êtres, qui permettra de mettre au grand jour leurs blessures personnelles. L’espace temps est ici dilué pour mieux approcher une certaine vérité humaine. Ce film est une merveille de sensibilité, qui embarque le spectateur dans une odyssée intime, particulièrement émouvante.

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Projections le jeudi 10 mars à 15h40 et samedi 12 mars à 18h15




NOTRE PETITE SOEUR de Hirokazu Kore Eda (2h07)

Trois sœurs se rendent à l’enterrement de leur père qu’elles ont très peu connu. Elles font la connaissance de leur demi-sœur, Suzu, âgée de 14 ans. D’un commun accord elles décident d’accueillir cette adolescente solitaire dans leur grande maison familiale, où elles vivent déjà ensemble. Kore Eda reste fidèle à ses thèmes : Deuil, parents défaillants, fratrie complice. Il nous offre ici une chronique familiale émouvante, entre douceur et amertume, humour et mélancolie. Filmé loin des villes, dans un Japon traditionnel, proche d’une nature idyllique, ce film est magnifiquement servi par quatre actrices adorables et une mise en scène caressante, toute en délicatesse. Un petit bijou !

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Projections les jeudis 10 mars à 20h30 et dimanche 13 mars à 10h15


ENTRE LE CIEL ET L’ENFER de Akira Kurosawa

Kingo Gondo est immensément riche. De sa villa qui surplombe Yokohama il tire des plans pour devenir l’actionnaire majoritaire de sa société. Mais son bonheur est interrompu par un coup de téléphone lui annonçant l’enlèvement de son fils. Les ravisseurs exigent une rançon de plusieurs millions de yens. Abattu, il s’inquiète, en compagnie de son épouse, du sort de son fils, lorsque celui-ci apparaît, enjoué, dans le salon. Les ravisseurs ont confondu le fils de son chauffeur avec le sien. Gondo décide alors de rester inflexible et refuse, dans un premier temps, de payer. Mais, pour diverses raisons, il ne tarde pas à réviser son jugement… Ce film haletant impressionne par sa succession de morceaux de bravoure cinématographique jusqu’à se conclure en apothéose.

Projection le dimanche 13 mars à 20h30


Sans oublier la CHINE, incontournable…


MOUNTAINS MAY DEPART de JiaZhang-Ke (2h06)

Feyang, Chine, 1999, Tao pétillante jeune femme est aimée par ses deux amis, Lianzi, humble mineur attentionné mais taciturne et Zang affairiste ambitieux. Hésitante, déchirée, elle brise le cœur du premier en épousant le second. Quinze ans plus tard Tao et Zang sont divorcés. Zang a eu la garde de leur fils Dollar, vit à Shanghai et va s’installer en Australie .Tao se résigne à vivre loin de son fils pour lequel elle souhaite une vie meilleure. Dix ans plus tard en Australie le père et le fils vivent déracinés, étrangers l’un à l’autre. Une fresque intime, un regard critique sur une Chine en mutation accélérée. Tao témoin d’un monde qui change, entre tradition et modernité, va demeurer la gardienne, celle qui reste, même quand «   les montagnes pourraient s’en aller  ».

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Projections les samedi 12 mars à 21h et Dimanche 13 mars à 16h


QIU JIU FEMME CHINOISE de Zhang Yimou (1h40)

Qinglai, mari de Qiu Jiu, a été blessé et humilié publiquement par Wang Tang, chef d’une petite communauté paysanne chinoise. Ce dernier est prêt à les dédommager. Mais Qiu Jiu refuse l’argent et veut obtenir des excuses. Pour y parvenir elle va se battre contre tous, car à ses yeux l’honneur n’a pas de prix. Portrait magnifique d’une jeune femme courageuse et obstinée, qui pour venger l’honneur de sa famille se heurtera à la lourdeur de la bureaucratie chinoise et nous fera découvrir les méandres de sa justice. L’interprétation de l’actrice Gong Li est remarquable. Les images sont magnifiques. Une histoire, simple, mais que l’on n’oublie pas.

Projections les mercredi 9 mars à 20h45 et vendredi 11 mars à 10h


NU GUO AU NOM DE LA MERE de Francesca Rosati Freeman et Pio d’Emilia(56 mn)

En Chine, dans le Yunnan, au pied de l’Himalaya, à 2700 m. d’altitude, les Moso, une société sans violence et égalitaire guidée par les femmes sans aucune discrimination, oppression ou répression envers le sexe opposé, nous donne depuis des millénaires la preuve qu’une vie harmonieuse et pacifique est encore possible. Sur quels fondements cette communauté d’environ 50 000 personnes fonctionne-t-elle? Mais surtout, combien de temps pourra-t-elle encore résister face aux pressions d’une économie de marché provoquée par un tourisme de masse stratégiquement organisé? Dans des paysages d’une extrême beauté, des témoignages directs et des réflexions personnelles s’entrelacent autour du thème de la non-violence et nous rapprochent des valeurs traditionnelles de cette minorité ethnique.

Projection en présence de la réalisatrice Francesca Freeman le jeudi 10 mars à 14h et 18h45

Et pour finir ce tour d’Asie TAIWAN avec


SALE SUCRE de Ang Lee (1h59)

M. Chu est un des meilleurs cuisiniers de Taipei. Respectable veuf, il vit avec ses trois filles aux caractères et désirs bien différents. Elles rêvent d’indépendance, mais le poids des traditions bloque l’expression de leurs désirs. C’est au cours des repas dominicaux préparés avec une extrême minutie par le père que tous vont réussir à communiquer et exprimer leurs désaccords. La famille est un thème récurrent dans l’œuvre d’Ang Lee et même quand elle se fissure, ses liens restent incassables. C’est par la cuisine magnifiée que passent les émotions des personnages et des spectateurs. Cette comédie douce-amère et enlevée est à savourer sans modération.

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Projection le vendredi 11 mars à 18h30


Un monde à voir

Du 28 au 4 avril 2017